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Manu Codjia



© DR
guitariste

la présentation ci-dessous est extraite du blog ça va jazzer avec l'aimable autorisation de bruno pfeiffer

Manu Codjia, chasseur de sonorités

Les formations de musique de jazz actuelle les plus en vue s'arrachent le guitariste Emmanuel Codjia, né en 1975 à Chaumont (Haute-Marne). Son jeu de nappes sonores impressionnistes se répand avec bonheur sur la dernière oeuvre du contrebassiste Henri Texier, Love Songs reflexions, sorti en janvier. Un bijou qui doit beaucoup à sa patte. En écoutant son second CD (MANU CODJIA, sur le label Bee Jazz), je comprends pourquoi aucun de ses employeurs ne fait fausse route.Le Champenois, qui a toujours l'air d'avoir la moitié (au moins) de la tête ailleurs, culmine dans le gratin du jazz français. Ce disque lui ressemble. Bien mieux encore que le premier. De cet opus plus élaboré, à l'architecture fignolée, moins improvisé, où le plaisir s'enroule au gré de ses volutes, il a signé les neuf titres:«J'aurais été désolé que le public confonde le travail de ce groupe avec celui de "Baby Boom", ou avec le quintet où je joue avec le batteur Daniel Humair et le contrebassiste François Moutin». Deux gros calibres. Pas de sur-écriture, néanmoins. Sur le papier, le premier thème, From the Outset tient en trois lignes.

Résultat: davantage d'électro, de rythmes binaires basiques, jaillis des univers du batteur Philippe Garcia, acolyte déjà au sein des légions fabuleuses du trompettiste Erik Truffaz. Davantage de groove et de majesté, aussi, grâce au son de cathédrale de la contrebasse de Jérôme Regard. D'autres fomentateurs de sonorités viennent en renfort, le tromboniste Georgui Kornazov et le trompettiste Geoffroy Tamisier. Codjia est resté attaché aux personnalités de ses anciens copains du Conservatoire de Paris. Les cuivres ont mordu dans les compositions de leur pote.
«J'avais une idée précise des sons souhaités», confie le leader. «Après, on précise verbalement les formes. Même sur un titre écrit, chaque musicien apporte sa couleur, contribue à modifier les climats. Voir naître la musique que j'ai conçue m'a passionné. Elle quitte le fantasme de compositeur. Elle s'incarne. Les morceaux évoluent également lorsque nous jouons. En effet, il reste une part importante de liberté sur scène».
Les morceaux sonnent comme la claque dans le dos de copains qui se retrouvent pour un bon coup . D'ailleurs la bande les avait déjà joués lors d'une résidence d'une semaine à l'Opéra de Lyon en juin 2008. En concert, Codjia reste ahurissant. J'avais assisté au concert de la Cité de la Musique en hommage à l'enregistrement du disque Sketches of Spain, de Miles Davis, le 10 décembre 2008. Au saxophone ténor, Dave Liebman avait choisi d'être épaulé au sein de l'arrangement par les cordes du soliste. La soirée avait confiné au sublime. Le parterre a piétiné un quart d'heure pour le rappel. Je me croyais au milieu d'un éboulement monumental. Il faut du temps pour atterrir sur la planète après chaque prestation du guitariste.

INTERVIEW MANU CODJIA

Vous vous définissez comment ?
Musicien de jazz, car mon goût est d'improviser. Une précision quand même: le langage du jazz représente un point de départ. Selon les projets, les approches se modifient.

Quelles sont les étapes de l'évolution de votre jeu ?
Au départ le rock m'a nourri: Van Halen, Hendrix, Satriani. Puis, au cours des études musicales, les rencontres avec Mathieu Donarier et Christophe Monniot m'ont entraîné vers le jazz. J'ai versé dans les musiques d'après le Be-bop. Je suis un chasseur de nouvelles sonorités. Pour en dénicher, j'ai acheté toute une collection de pédales.

Les influences considérables ?
Les guitaristes américains: Wes Montgomery, la référence; Bill Frisell, que j'ai beaucoup écouté; Pat Metheny, John Scofield. Le Français Marc Ducret m'impressionne toujours autant. Enfin, le créateur par excellence: Miles Davis. Je puise dans le réservoir de sons de ces inventeurs pour partir à la recherche des miens propres. Enfin, j'écoute beaucoup les collègues dans les festivals où je suis invité.
A part Ducret, ce ne sont pas des influences récentes...
Tout le jazz moderne sort de My funny Valentine, de Miles Davis. Je reconnais que les musiciens de ma génération sont influencés par les mêmes musiciens que ceux de la génération précédente. Miles, Coltrane et Parker nous nourrissent encore. C'est l'essence même. On peut tout au plus extrapoler sur la forme.

Comment un son nouveau apparaît-il ?
Il apparaît au gré des divagations, quand j'improvise, ou lorsque je répète. Ce n'est pas un son travaillé: il surgit par mégarde. Je place le son dans une case de ma tête, avec ceux qui y vibrent déjà. Le tout se mélange. Une petite sauce prend forme. Je ressors le son au besoin, quand je recherche une couleur. Quand l'écriture de mes morceaux s'est organisée, les cases ont réapparu. Les sons nouveaux peuvent émerger au hasard de l'improvisation. Comme si je les sortais de mon dictionnaire personnel, à disposition en permanence.

Que vous apportent les nombreuses collaborations avec d'autres groupes ?
J'aime jouer des musiques différentes, découvrir des répertoires. Je cultive un goût pour l'éclectisme. Les collaborations représentent des étapes dans mon parcours. Elles me permettent l'immersion dans des ambiances variées, de saisir de plus en plus rapidement les intentions des autres. Je trouve intéressant de voir comment les leaders pensent leur musique. J'en reviens chaque fois riche d'idées.

Restez-vous aussi inspiré lorsque vous dirigez le groupe ?
Je suis très concentré sur ce que les sidemen font. C'est difficile de conserver la même spontanéité. J'aimerais improviser dans ma formation de la même manière que je joue pour celle des autres.
BP
les albums yolk
matthieu donarier trio >> live forms
matthieu donarier trio >> optic topic
georgui kornazov quintet >> staro vreme
matthieu donarier trio >> Papier Jungle

les albums sur d'autres labels
en leader:
2007 : Songlines, Bee Jazz (avec Daniel Humair et François Moutin)
2009 : Manu Codjia, Bee Jazz (avec Jérôme Regard (b), Philippe Garcia (d), Geoffroy Tamisier (tp), Gueorgui Kornazov (tb))
2010 : Covers, Bee Jazz (avec Jérôme Regard (b), Philippe Garcia (d))

en sideman :
2001 : Christian Lété Quartet Cinque Terre, Charlotte Records
2001 : Spice'Bones Spice'Bones, Label La Lichère
2003 : Erik Truffaz Mantis, Blue Note Records
2003 : Daniel Humair Baby-Boom, Sketch
2003 : Dr Knock Dr Knock, Chief Inspector
2004 : Henri Texier (V)ivre, Label Bleu
2005 : Erik Truffaz Saloua, EMI Records
2006 : Erik Truffaz Face à Face Disc 1, EMI Records (Live)
2006 : Christophe Wallemme Namaste, Bee Jazz
2006 : Moniomania Moniomania volume 2, BMC Records
2007 : Durand D'avril, Sparadrap, Besides
2007 : Henri Texier Alerte à l'eau, Label Bleu
2008 : Simon Goubert Background, Le Chant du Monde, 2008
2008 : Christophe Wallemme Trio Start - "So many ways...", Bee Jazz
2008 : Daniel Humair Baby Boom II, Bee Jazz
2008 : Georgi Kornazov's Horizons Quintet Viara, BMC Records
2009 : Henri Texier Blue Wind Story, Label Bleu
2009 : Henri Texier Red Route Quartet Love Songs Reflexions, Label Bleu
2009 : Christophe Monniot / Moniomania Princesse fragile, Quoi de Neuf Docteur
2010 : Michel Benita Ramblin' (feat. Manu Codjia), Plus Loin Music
2011 : Henri Texier Nord-Sud Quintet Canto Negro, Label Bleu

Cette liste est non exhaustive.

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